MAYOTTE

c'est d'abord le plus grand lagon du monde avec ses poissons, ses tortues et ses coraux multicolores

ses padzas,

ses pistes et sentiers pour randonneurs

 

ses adorables makis

ses immenses plages désertes en semaine

sa mangrove

tous les dimanches les familles et amis mahorais se retrouvent pour des "voulés" : barbecues sympathiques

 

les mahorais sont accueillants

les couchers de soleil sont merveilles derrière la végétation luxuriante

ici est né Hadji il y a 17 ans

 

 

 

bien français,

souriant au soleil par 35°

 

 

le recensement 2012 indique
212 600 habitants

en forte croissance

la plus forte densité après l'île de France

cela comprend les étrangers ; mais faut-il doubler le nombre avec les sans papiers???

 

 

dans cette plantation en altitude vit un vieux mahorais qui surveille son domaine y compris la nuit

 

ailleurs les fruits cueillis depuis des générations sont ramassés par les clandestins en quête de nourriture arrivés en kwassa-kwassas,

ils s'y installent et en font leur propriété

au bout d'une rue goudronnée de Mamoudzou vivent des familles sans ressources
pour accéder chez Hadji il faut contourner les détritus qui attendent les fortes pluies pour descendre vers la mangrove

 

accolée à l'habitation une charpente attend depuis des mois qu'on trouve l'argent pour mettre des tôles

 

 

Hadji dort par terre en attendant car la famille est nombreuse

 

on regarde la télévision nationale qui sert de réveil et permet de regarder "Plus belle la vie" pour rêver un peu

La fontaine est à 100 mètres

on vient d'installer une pompe à carte payante

les habitudes pour la douche et la lessive restent les mêmes

 

sur le mur de la fontaine, et dans les villes l'artiste local Papajan lance des slogans optimistes

 

 

il nous fait réfléchir

il y aurait sur l'île peut-être 6000 enfants sans leurs parents

 

 

poème
ci-dessous

cliquer ici pour voir les reportages des quatre années précédentes 
ou comparer avec la vie quotidienne des familles Roms en France www.boiteau.net
(beaucoup moins nombreuses mais dont les médias parlent beaucoup plus)
 

Cet après-midi de rêve sous les cocotiers, les immenses doubles peignes qui pendent des branches déployées comme en parasols tamisent la tiédeur persistante que soulève le vent impudique et mélodieux.

Les adorables makis lestes, mais grogneurs et inquisiteurs, vous épient de leurs yeux vifs et ronds, attendant les bananes que vous leur donnerez.

Pesanteur de chaleur sur le banga. La femme traditionnelle, allongée, avachie, enrobée dans son salouva coloré, a tout juste levé le regard de bienvenue. Lourdeur de cette heure pourtant délicieuse. Il fait si chaud. Buvez !

Le baobab vous prête ses racines comme marches d'escalier. Descendez à la plage dorée. Au fond de la baie, là-bas très loin, des zébus à grosses bosses traînent leurs cordes sur la sable, laissant trace éphémère de leur passage tranquille à marée basse vers un lointain abreuvoir.

La tortue calmement a rejoint votre nage et vous l'accompagnez à sa vitesse, l'observant à travers votre masque, avec son compagnon, le poisson lécheur qui nettoie sa carapace.

Le bonheur vous envahit de ses parfums. Féérie sur le plus beau lagon du monde. Goûtez, savourez ce rêve dans l'île aux ylangs.

Pourtant sur l'horizon une barque s'approche, trop chargée d'humains qui fuient la misère, au risque d'une vie toujours trop courte, vers un avenir de roman télé. Réalité ou triste illusion ?

Les fruits à profusion cultivés par des générations nourriront-ils ces affamés venus des îles de plus grande pauvreté ? Ou bien devront-ils subir des années durant l'esclavage moderne qui donne aux moins pauvres le droit de les exploiter sans honte puisque c'est mieux que rien de rien ?

L'avenir de Mayotte c'est sa trop nombreuse jeunesse d'aujourd'hui en espoir de survie dans un contexte pitoyable. Ils sont là. Eux rêvent d'en partir et le temps s'écoule.

Mamoudzou 13/10/2013