TON ROYAUME EST DE CE MONDE ©René Boiteau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Ode à mon aïeule la fileuse ©
PREMIER PRIX NATIONAL "NATURE ET VIE RURALE" Brouvelieures(88) 21/10/2000

gm
Dans la brise du soir au bord de la croisée
Assise, caressant l'ombre de la ramée,
Lustrant un cheveu d'ange au fil de ses dix doigts,
Mon aïeule chérit son vieux rouet de bois
Qui ronfle une chanson, berceuse d'autrefois.
 

La vie ne dure qu'un instant.
Tandis qu'au gré du vent sa coiffe dodeline,
Son fuseau frêle ondule et sa tête s'incline.
Elle a posé quenouille aux pieds de ses enfants,
Puis laine et chevelure en menus flocons blancs
S'emmêlent. La dormeuse a dévidé son temps.
 
La vie ne dure qu'un instant.
 
Après un demi-siècle on a quitté la ferme ;
Les champs n'accueillent plus le grain de blé qui germe.
Au seuil de l'an deux mille on perd le souvenir
De la colline bleue où coulait son désir
D'une eau fraîche de paix qu'elle verrait jaillir.
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De là-haut

D'ici je vois par le dessus
la fièvre des chalets,
lauzes écloses qu'on pose en larges pauses.
Une lanterne éteinte pend lamentablement
d'un madrier brûlé
et la gouttière est un demi sapin creusé
et les têtes de clous attendent sur la porte
qu'on ouvre
et que grincent les gonds
sur la senteur d'herbe fauchée en pleine sève.
Il tinte un peu de joie
à même les prairies,
juste un bonheur d'enfants qui rient
et jouent et crient dans les allées.
Fabrice avance à longues enjambées
s'arrête et prie.
Dieu, que c'est beau mais quel gâchis
cette fumée en bas,
ces immo
ndices.
Il faut garder nos arbres verts
et nos poumons.

la Flatière 28/7/99

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 Seb

 
Un sourire éclatant
les yeux vif argent brillants d'un soleil réjoui
un rets fulgurant de lumière dans ce regard intense,
tu surgis de la foule hurlante et trémoussante
c'est mon cadeau du jour
on vous aime monsieur
non content de le penser si fort
de le montrer si bien
tu le dis sans trouble et sans honte
et tu te fais petit mais heureux triomphant de toi-même
naïf et insouciant, rempli de ton bonheur
ta joie résonnera en ma vieille mémoire
pourquoi donc se priver de ce moment de vie
donnant donnant voici donc mon présent
ton sourire vaut bien un poème
sache renouveler pour tous autour de toi
ce cadeau que tu fais de ton bonheur de vivre
de ton visage heureux
de ton front sans soucis
de ton regard espiègle
du plus cœur de ton corps
du plus bonheur de tes trésors
 

pour Sébastien, Nantes ce 14 janvier 1999

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La noce au Pin primé

Sucé perle de l'Erdre

Faites signe au cocher

L'éveil de dame montagne

Aube d'amour

Ode à mon aïeule la fileuse primé

De là-haut

Seb

tapis d'ici

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PRIX " JEAN FOURNIER 2011 " Bayonne
décerné par l'Institut Académique de Littérature Francophone,

publié dans "le Pin, lande bretonne et douceur angevine"
et "train de nuit 2011"

la noce au Pin

La douceur angevine et la lande bretonne
Se joignaient dans le temps au bocage du Pin.
Écoutez bien encor : la cloche carillonne.
On marie aujourd'hui le fils du sacristain.

L'or des genêts s'agite et les bleuets frémissent,
Azur et fleurs de lys aux hermines s'unissent.
Un feu follet s'ébat, ricoche sur l'étang,
Celtique souvenir des cortèges d'antan.

La campagne pleureuse en deuil de ses moulins
S'enfonce en la saison aux rousseurs des confins.
Coquelicots, bruyère annoncent la grand'messe,

Au bourg le champ de foire a son air de festin.
Voici venir l'élue au seuil de son destin,
La royale païse en sabots de duchesse.

 

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Sucé, perle de l'Erdre

Dans ce creux de vallon où chante la nature,
Une fée ingénue avive tous les jours
Un flot d'argent qui coule et mêle ses atours
Aux suaves parfums d'une fraîche verdure.

Les rois ont apprécié ce havre de quiétude
Où paresse à loisir la rivière en son lit,
Cet horizon douillet où la paix s'établit,
Ces vertes frondaisons que l'automne dénude.


Sonne l'heure au clocher, s'envole l'alouette,
Seyants dans cet écrin, de solides vaisseaux
D'une caresse intime effleurent les roseaux.

L'onde à l'écho du vent frissonne à la sauvette,
Le pêcheur se faufile en patient connaisseur,
L'Erdre là-bas polit la perle du bonheur.

premier prix "Pays de Loire, connaître sa région" 26/5/1989 ©


Faites signe au cocher.

Il faut cadrer ce sous-bois d'épilobes mauves.
Le serpent jaune d'arrosage
se love d'amour
sur la pelouse
qu'il coupe étonnamment.
La flèche d'un sapin rivalise maigrement
aux assauts des pics décharnés
sur un fond terne d'azur délavé.
Sa pointe crie une soif mesurée
mais si je lui donne à boire
mon poème est fini :
une seule chose à la fois
c'est trop aimer que regarder.
 
Laissez ces trépidantes vibrations
qui font courir à bout de cœur.
Un souffle léger sans ardeur
va effleurer vos solitudes.
L'âme vibrante au soleil
résonnera d'un si de violon sans bémol.
 
Asseyez-vous à l'arrière
de cette longue chapelle de nature
avec autel de pierre brute,
diligence moderne au cocher invisible.
Patientez. Le cortège s'ébranlera. C'est sûr.
Depuis la fontaine un coche arrive au haut.

la Flatière 27/7/99 ©



L'éveil de dame montagne

La montagne était étendue là
sombre en bas
en silence elle reposait
on voyait à ses pieds les chalets d'en bas comme des ongles.
Elle attendait. Quel rendez-vous ?
 
Une bergeronnette nous fit signe
ici tout près de moi
juste une brève trille à trois notes
qu'elle redit en refrain joyeux
comme le chef d'un orchestre mondial
elle hochait sa longue queue.
 
Un monstre aux bruyantes écailles cuivrées de lumière
en poursuite lente et intense
balaya les coulisses dérobées.
On devinait une couverture soulevée
puis un long drap blanc souple et léger
qui trahissait d'indicibles dessous,
relevait ses pans tout calmement.
 
Vous l'avez vue cette femme immobile encore,
aux blanches voilettes intimes,
aux fines dentelles inachevées,
laisser trembler en bas comme un gant de velours clair
puis haleter, essoufflée d'un sommeil séculaire
de belle dormant au bois sournois,
puis soulever plus haut sa lourde poitrine blême
faisant tomber les restes de sa robe de nuit
sur une montante fumée
bientôt suspendue sur un bleu parcours interminable
quand déjà de la vallée montait la rumeur du jour.
 
Et j'ai levé les yeux
et j'ai reçu en pleine face
la monstrueuse clarté originelle
que je n'attendais plus
visière baissée
paupières fermées
les angles sans chair d'un visage abrupt
cassaient un immense œil unique
parfois rouge en violence
et parfois vert en illusion.
 
Adossé au lierre d'un vieux tronc
j'étais muet de petitesse
les doigts appuyé sur les yeux
donnant la brutale succession
des galeries d'art moderne
des sans titre et des anonymes
tout en harmonie et labyrinthes spongieux.
 
La nature m'inondait d'une molle volupté suave et chaude
qui me brûlait le poumon du côté cœur
mollets plaqués aux trèfles du chemin
un fourmillement piquotait mes carreaux d'arlequin fou
remis debout brutalement j'étais aveugle et c'est tout.

la Flatière 27/7/99 ©

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aube d'amour

Quel est ce lit de lait
qui te recouvre ce matin ?
lourdeur de fleuve redondant
aux formes trop pesantes,
qui te cache et te domine
et prolonge ta vivante nuit.

Tu as bougé l'orteil
en fond de nuage
l'oreille en creux de forêt.
Là-haut rien ne paraît
c'est là-dessous que tout se joue
Un cristal de cithare
parfum de carotte sauvage
ou pisse de cheval ou de renard tant pis
ta narine a frémi à l'écoute

Longue traîne voilée
à blanche mariée
gouttelette perlée
à senteur de rosée
toc d'une ardoise qui se plaint
et sue en fumeuse vapeur par là-dessus
latte du bois palpé de la main d'un couvreur
tranche de vie ôtée à la branche vaincue
cette main blanche là-bas
s'avance en bout de bras tendu
pour écarter ou frôler
ce doux rideau soyeux
qui n'en finira pas de s'étirer
hors d'un rêve troublé.

La grosse couette blanche
assouvira notre amour
tout ce jour. ©

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dédié à ma grand-mère :

Françoise BOITEAU épouse POTIRON

St Sulpice des Landes 1858-1946

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il pleut du soleil.

Douce, la douce peau de tes joues,

Rose tendre, et belle, et lisse.

Intense et vivant,

Ton regard d'avenir, profond,

Pétillant, étincelant d'espoir,

Et si calme, et si long.

C'est bonheur de mériter ton sourire,

Sur les fines lèvres de ta bouche frêle.

L'amour renouvelé

Passe par ces instants d'éternité.

Ni phrases ni baisers

N'en diront tant

Qu'un regard partagé.

Te voir, sans fard,

Et s'asseoir,

Sur le rebord du paradis,

Epouser sa margelle de lierre verdoyant,

Bicolore, à sève parasite.

Etre pour toi simplement

Objet d'art qu'on observe.

S'étendre et se tendre

Comme arc-en-ciel et son reflet

Unissant les montagnes aux formes suaves,

Touchant le bleu du lac ou le vert de tes yeux,

Trace dorée de lumière,

Annonce chatoyante des automnes d'à présent,

Fraîche senteur de la saison,

Chaude moiteur d'après l'été.

Il pleut du soleil dans mon cœur et sur ton front.

12/10/98

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Tapis d'ici

 

On a bientôt dix ans
on est heureux c'est vrai
et Pierre mon cousin en bave de plaisir.

Pieds nus serrés
la plante ouverte accueillant le plafond du ciel
qui cerne pour nous l'horizon des quatre murs,
on s'allonge à loisir sur le tapis d'ici
le soyeux léopard du salon familial.

L'insouciance parfaite a envahi nos fronts,
joie haletante d'un bonheur
que les mots ne disent
jamais au moment où il passe.

J'épanouis mon sourire pour toi mamie
qui devines dans la lumière de mes yeux
l'allégresse folle qui déborde
au dehors du cœur vibrant en moi.
Touche Pierre où frissonne
l'avenir qui nous guette.

Orvault 14 avril 2000

© à mes petits cousins Pierre et Clara